Mbappé, Dugarry, Rabiot et les 5 choses à retenir de l’interview de Deschamps au Parisien

Avant de partir en vacances, Didier Deschamps tenait à faire le bilan de la Coupe du monde 2018, remportée face à la Croatie en finale (4-2), tout en évoquant les performances individuelles de Paul Pogba et Kylian Mbappé, en parlant de l’exclusion d’Adrien Rabiot et de la fin de sa relation amicale avec Christophe Dugarry.

Dans cette interview au journal Le Parisien, le sélectionneur de l’équipe de France ne mâche notamment pas ses mots sur son ancien coéquipier de France 98, aujourd’hui consultant pour le gros RMC / BFM Sport. Tandis que Dugarry l’avait accusé de « prendre la France en otage » à propos de l’affaire Karim Benzema, pas sélectionné parmi les 23 Bleus, Deschamps lui a répondu vertement avec notamment une petite pique sur la carrière de l’ancien bordelais : « Dugarry ose dire que je prends la France en otage. Cela dépasse l’entendement.On a vécu des choses ensemble donc je sais qu’en termes d’état d’esprit, sincèrement, j’ai vu beaucoup mieux. »

Autres sujets abordé dans l’équipe, les cas des deux joueurs du Paris Saint-Germain Kylian Mbappé et Adrien Rabiot. Si le premier est désormais champion du monde, le second a passé l’été en vacances car il s’est exclu lui-même de la liste des réservistes. Si Deschamps ne veut pas condamner définitivement le milieu français, il avoue qu’il a été « profondément déçu [avec une] telle attitude par rapport à ce que représente ce maillot. » Quant à Kylian Mbappé, Deschamps lui a conseillé de faire attention à ses provocations, expliquant même avoir dit au Parisien « Tu as de la chance que je ne sois pas ton adversaire parce que sinon je te choppe et crois-moi que je ne prends pas qu’un carton jaune ! »

Les 5 choses essentielles à retenir de l’interview de Deschamps 

Adrien Rabiot peut-il revenir en équipe de France ?

Je ne dis pas non pour paraître catégorique. Mais ce qui m’a profondément déçu, c’est qu’il puisse avoir une telle attitude par rapport à ce que représente ce maillot. Même si je lui accorde le fait que ce n’est peut-être pas le seul responsable. Il fait partie d’une génération qui a beaucoup de mal à s’excuser, c’est comme ça. Je ne vais pas faire un cas particulier. Je peux comprendre l’immense déception de ne pas y être. Mais de franchir la ligne, par rapport à ce qu’il a fait, pas seulement à moi mais aussi ses partenaires. Ce qui n’enlève en rien la qualité du joueur, mais ça non, ce n’est pas possible.

Sur le côté provocateur de Mbappé

À un moment, je lui ai dit : « Tu vas être le joueur le plus averti de la Coupe du monde, arrête d’être méchant comme cela. » […] Par ce qu’il fait sur le terrain, il ridiculise les adversaires. Il doit faire attention de ne pas basculer. Se faire humilier ce n’est jamais agréable, il ne faut pas aller à l’humiliation. Je lui ai dit : « Tu as de la chance que je ne sois pas ton adversaire parce que sinon je te choppe et crois-moi que je ne prends pas qu’un carton jaune ! » Sur le match contre l’Uruguay il doit faire attention. Ils ont plus de 30 ans ils savent qu’ils sont éliminés. Ils le chopent et sa Coupe du monde elle est finie pour lui. C’est pour cela que je le sors avant. 

Sera-t-il là en 2022 pour défendre son titre ?

Je ne me projette pas là-dessus. Je suis là pour encore deux ans, c’est déjà bien comme ça. On ne va pas nous enlever la Coupe du monde, mais il y en aura une autre dans quatre ans. La fin de mon contrat est prévue pour 2020 pour le moment, et c’est très bien comme ça. Je ne me soucie pas de moi. Je ne m’en souciais pas avant la Coupe du monde.

Paul Pogba, le nouveau leader ?

Paul ne m’a pas surpris parce que je sais comment il est, il a toujours eu une réflexion par rapport au collectif. Evidemment j’ai beaucoup échangé avec lui parce qu’il est très attachant, je pense qu’il écoute. J’ai fait en sorte de lui éviter de faire certaines choses, même si c’est lui qui décide. Je trouve que c’est une bonne chose qu’il ait normalisé son rapport avec les médias pour ne pas être un extraterrestre de l’extérieur. J’ai connu cette bataille avec les médias et je l’ai perdue

La rupture avec Dugarry

Quand on franchit la ligne et qu’il n’y a pas un minimum de respect sur le plan humain… Ce n’est pas fini uniquement avec lui. Dugarry ose dire que je prends la France en otage. Cela dépasse l’entendement. Il dit ce qu’il veut, il a son émission radio. On a vécu des choses ensemble donc je sais qu’en termes d’état d’esprit, sincèrement, j’ai vu beaucoup mieux. Mais bon, ce n’est pas grave. J’ai bientôt 50 ans et je ne fais plus semblant. Je vois avec grand plaisir la majorité des joueurs. Avec Lolo (Blanc), on a déjeuné ensemble, avec nos épouses, on discute. Je vois Lilian, Marcel, Liza, Franck, Diodio (Diomède)… Si on devait se voir avec Duga, ça ne serait même pas bonjour, bonsoir. Chacun sa route, chacun son chemin. C’est clair.